La pandémie pousse les objectifs de développement durable encore plus hors de portée

La région Asie-Pacifique doit rester concentrée sur l’utilisation des objectifs de développement durable des Nations Unies comme feuille de route pour une reprise plus juste après le COVID-19, écrit Armida Salsiah Alisjahbana.

2022 marque le deuxième anniversaire de la pandémie de COVID-19, et bien que la fin de la pandémie soit en vue, elle est loin d’être terminée et les conséquences se feront sentir pendant des décennies. Dans le même temps, l’Agenda 2030 pour le développement durable s’éloigne de plus en plus. La région doit utiliser les 17 objectifs de développement durable (ODD) comme feuille de route vers une reprise plus juste.

L’édition de cette année du rapport sur l’état d’avancement des ODD en Asie et dans le Pacifique, publié par la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie et le Pacifique, révèle trois tendances alarmantes. Premièrement, la région perd du terrain dans ses ambitions 2030. Outre le ralentissement de nos progrès, les crises d’origine humaine et les catastrophes naturelles ont également entravé notre capacité à atteindre les objectifs.

Les écarts se creusent d’année en année : à son rythme actuel, l’Asie et le Pacifique ne devraient désormais atteindre les 17 objectifs de développement durable que d’ici 2065, soit trois décennies et demie de retard sur l’objectif initial. La région doit saisir toutes les occasions d’arrêter cette tendance à la baisse et d’accélérer les progrès.

Deuxièmement, alors que des progrès sur certains des objectifs ont été réalisés dans des poches dispersées dans la région, nous avançons en sens inverse pour certains d’entre eux à un rythme inquiétant. Bien que la crise climatique se soit aggravée, il y a eu une régression de la consommation et de la production responsables (Objectif 12) et de l’action climatique (Objectif 13). Et les nouvelles sont légèrement meilleures pour les cibles traitant de l’industrie, de l’innovation et des infrastructures (Objectif 9) et de l’énergie abordable et propre (Objectif 7), car elles sont en deçà du rythme requis pour atteindre le Programme 2030.

Enfin, la nécessité d’atteindre ceux qui sont le plus en retard n’a jamais été aussi grande. La région connaît des disparités croissantes et des vulnérabilités accrues. Les groupes les plus vulnérables et défavorisés – y compris les femmes, les enfants, les personnes handicapées, les migrants et les réfugiés, les populations rurales et les ménages les plus pauvres – sont les victimes de nos tendances de développement non durables et non inclusives.

Certains groupes aux caractéristiques démographiques ou socioéconomiques distinctes sont disproportionnellement exclus du progrès en Asie et dans le Pacifique. Comprendre l’intersection des principaux défis de développement avec les caractéristiques de la population telles que l’âge, le sexe, la race, l’origine ethnique, la santé, l’emplacement, le statut migratoire et le revenu est essentiel pour parvenir à une reprise plus équitable. Nous devons travailler ensemble en tant que région pour veiller à ce que personne ni aucun pays ne soit à la traîne.

Bien que ces tendances soient extrêmement préoccupantes, il y a quelques bonnes nouvelles qui nous aident à les comprendre : Le nombre d’indicateurs avec des données disponibles a doublé depuis 2017. La collaboration entre les agences nationales et internationales dépositaires des indicateurs des ODD a contribué de manière significative à améliorer la disponibilité des données. Nous devons cependant continuer à renforcer cette coopération pour combler les lacunes restantes, car 57 des 169 cibles des ODD ne peuvent toujours pas être mesurées.

JLa seule concentration sur la reprise économique post-pandémique est susceptible d’entraver les progrès vers les ODD, qui étaient déjà à la traîne. Alors que la région s’efforce de mieux reconstruire et de se redresser, le Programme 2030 peut servir de mécanisme directeur pour le développement économique et social. Nous – les gouvernements, les parties prenantes et les organisations des Nations Unies qui les soutiennent – ​​devons maintenir notre engagement collectif envers un monde plus prospère et plus vert.