Étudier les pauses et les impulsions de la mobilité humaine et leurs impacts environnementaux

Je propose un schéma de classification de base pour les pauses humaines basé sur l’étendue (étendue spatiale), la durée (durée) et les réductions prononcées (ampleur) de la mobilité humaine (Fig. 1b). Il est important de noter que je recommande que le label anthropouse soit réservé aux événements de grande ampleur à l’échelle continentale à mondiale (et de toute durée ; Fig. 1b, note complémentaire 1). Selon cette définition, la pandémie de peste noire et les premiers verrouillages du COVID-19 ont causé des anthropouses, tandis que la catastrophe de Tchernobyl a été suivie d’une pause humaine régionale. Un cube de classification schématique peut être utilisé pour comparer ces événements et d’autres (Fig. 1b); mais d’abord, quelques points doivent être clarifiés.

Premièrement, il est crucial de s’assurer que la terminologie est fermement liée aux processus sous-jacents. Certains auteurs ont utilisé le mot anthropause comme synonyme de changement environnemental positif causé par les confinements. Bien qu’il soit compréhensible de se concentrer initialement sur les avantages potentiels, confondre la cause (changement de la mobilité humaine) et l’effet (réponses environnementales) n’est pas utile lorsque l’on utilise le terme dans un contexte scientifique. En effet, la façon dont le concept anthropouse a été formulé à l’origine ne fait aucune hypothèse sur le signe des réponses environnementales et les impacts de conservation associés.1 (Fig. 1a). Les preuves empiriques émergentes de la pandémie de COVID-19 indiquent un large éventail d’effets de confinement23.

Deuxièmement, la mobilité humaine doit être définie. Les blocages de la COVID-19 ont entraîné des réductions notables du nombre de piétons et du trafic routier, maritime et aérien (et des rejets de polluants associés), qui ont tous probablement causé des impacts environnementaux1,2,3,4. Pour les pauses humaines modernes, il est raisonnable de considérer les changements dans toute la gamme des paramètres de mobilité humaine, mais les comparaisons avec les événements préindustriels doivent inévitablement se concentrer sur la présence environnementale des personnes. Dans ce contexte, il convient de noter que les humains peuvent disparaître d’une zone parce qu’ils s’abritent, se déplacent ailleurs ou périssent, et que les changements dans la mobilité humaine peuvent être entraînés par une variété de facteurs, y compris les maladies, les catastrophes naturelles et anthropiques et les conflits.5. Les moteurs ultimes et les mécanismes immédiats affectant les changements dans la mobilité humaine sont des cibles de recherche importantes, mais ne font pas partie du schéma de classification lui-même (Fig. 1b). Il est important de garder à l’esprit que de nombreux événements seront associés à la tragédie et à la souffrance humaines1.

Troisièmement, des définitions opérationnelles sont requises pour les échelles spatio-temporelles du schéma. Alors que les pauses humaines sont facilement ordonnées en fonction de leur durée, classer leur étendue spatiale est plus difficile, pour des raisons à la fois conceptuelles et pratiques.7. Les catégories proposées ici sont pragmatiques – couvrant quatre ordres de grandeur (Fig. 1b) – et permettront une comparaison significative des impacts environnementaux causés par différents types de pauses humaines.

Enfin, il est important de clarifier la manière dont l’ampleur des événements doit être mesurée. Étant donné que la mobilité humaine a considérablement augmenté au cours des siècles passés et qu’elle changera probablement encore à l’avenir, l’ampleur des pauses humaines doit être évaluée par rapport aux niveaux de référence pour la période et la zone considérées, plutôt qu’en termes absolus. Comme l’illustre la pandémie de COVID-19, la mobilité humaine n’est pas nécessairement réduite à zéro lors d’une anthropouse, et il peut y avoir une variation spatio-temporelle substantielle des niveaux de réponse. Des analyses préliminaires indiquent qu’environ 57 % de la population mondiale était sous confinement partiel ou total début avril 2020deuxet il y a eu des pics de mobilité locaux évidents une fois que les gouvernements ont commencé à autoriser l’exercice personnel1.